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Affichage des articles du janvier, 2026
  L'Escale des Rails Incertains ​Je suis assis dans ce train qui ne promet rien, sur un quai où le temps semble avoir abdiqué. Un jour de grève, les horaires s’effacent, les certitudes s’évaporent, et le voyage commence avant même le premier tressaillement de la machine. ​Le wagon est quasi vide, une bulle de silence au milieu du tumulte social. Dans cet espace entre deux mondes, je ne subis pas l’attente ; je l’habite. L'inconnue de l'heure d'arrivée — et même de l'arrivée tout court — ne m'inquiète plus. Elle m'offre ce que la vie ordinaire me refuse : une page blanche. ​Mes pensées s'échappent par la fenêtre, là où le paysage attend lui aussi que le mouvement reprenne. Je m'évade dans les récits de "L’Heure qui ne sonne plus", là où le temps n'est plus un maître, mais un compagnon de route. Je revisite ces 48 escales, ces refuges de l'esprit que j'ai bâtis quand tout semblait s'arrêter. ​Puis, doucement, mon esprit glisse...
Et si on s’autorisait enfin une escale ? Bonjour à tous les amoureux des mots, J’aimerais vous présenter un projet qui a littéralement changé ma trajectoire : « L'Heure qui ne sonne plus » . Ce livre n'est pas né d'une envie d'écrire, mais d'une nécessité absolue de ralentir. À l’aube de mes soixante ans, le tumulte du monde professionnel a fini par éteindre ma propre lumière. Le diagnostic est tombé comme un orage : burnout. Pour ne pas sombrer, j’ai dû réapprendre le silence et redécouvrir la valeur du temps qui passe, sans urgence, sans obligation de résultat. De cette introspection sont nées 48 escales imaginaires . Ce ne sont pas des chapitres classiques, mais des parenthèses. Chaque texte est une invitation à poser ses bagages : une marche sous la brume, le craquement d'un parquet ancien, ou le murmure d'un grand arbre. J’ai écrit ce recueil comme on dessine une carte pour ceux qui, comme moi, ont parfois l'impression de s'être perdus en chemin...
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Il y a des projets qui naissent du silence et du besoin de retrouver son propre rythme. « L'Heure qui ne sonne plus » est de ceux-là. Ce recueil de 48 escales imaginaires a été écrit comme une invitation à ralentir, à s'offrir une pause nécessaire dans le tourbillon du quotidien. Aujourd'hui, je suis heureux de vous annoncer que le livre poursuit son chemin. En plus de votre librairie locale, il est désormais disponible sur Amazon . Une option pratique si vous souhaitez le recevoir directement chez vous ou l'offrir à un proche, même à distance. Vous pouvez le retrouver ici :   L'Heure qui ne sonne plus sur Amazon  Que ce soit au coin du feu ou lors d'un moment de calme en fin de journée, j'espère que ces pages vous offriront, à vous aussi, une parenthèse de sérénité. Merci pour votre soutien et vos retours qui me touchent toujours autant. André Demain
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  28 juin 1914 – Le cristal fêlé « Il est vingt-deux heures. La maison est plongée dans cette pénombre bleutée que j'aime tant, celle qui précède le moment où l'on souffle la dernière lampe. Mais ce soir, l'air semble chargé d'électricité, comme avant un orage qui ne veut pas éclater. Tout a commencé au dîner. Victor est arrivé en retard, le journal froissé sous le bras, le visage plus sombre que d'ordinaire. "Ils ont tué l'archiduc", a-t-il lancé sans même saluer. Mon père a continué de découper son rôti avec cette précision chirurgicale qu’il met en toute chose. "Les Serbes sont des têtes brûlées, Victor. L’Autriche fera les gros yeux, on signera trois protocoles et les notaires auront encore du travail. Mange ta viande." J'ai regardé Louise. Elle ne s'intéresse pas à la géopolitique, mais elle a ce sens de l'instinct. Elle a posé sa fourchette. Ses yeux ont fait le tour de la table, s'arrêtant sur les boiseries, sur l'a...
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C’est une ruelle que l’on ne cherche pas, mais sur laquelle on tombe, un jour de flânerie. C’est une façade blanche aux volets verts qui semble dire que le temps, ici, a une autre valeur. C’est l’histoire d’un homme qui a quitté le fracas des chiffres et l'urgence du monde pour retrouver la vérité de la matière. C’est la chorégraphie de la patience, où l'on n’ouvre pas une machine, on écoute son histoire. C’est un vieux moulin à café qui grince comme un souvenir d’enfance. C’est une voiture à pédales rouge qui attend son second souffle. C’est une boîte à musique qui n’est pas cassée, mais qui a juste besoin de ne plus avoir peur. C'est la rencontre de destins qui se croisent autour d'un établi : une institutrice qui cherche le rythme des perles d'un boulier, un patron de pub gardien des dimanches, et des enfants qui réparent l'avenir en soignant leurs jouets. C’est un hommage à l’art du geste lent, à la transmission et à ce lien invisible qui nous unit tous. Par...
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  Il existe, au détour de nos vieux quartiers, des sentinelles qui ne portent pas d’uniforme. On les croise chaque matin sans toujours deviner que leurs mains, leurs voix ou leurs regards sont les derniers remparts contre l'oubli. Ce sont les Gardiens de la Mémoire. Ils sont dans le secret des boiseries que le menuisier caresse pour en réveiller le veinage. Ils habitent le brouhaha chaleureux du tenancier de café, ce port d’attache où les confidences s’échangent comme une monnaie précieuse. On les devine dans le geste précis du barbier, maniant la lame comme on efface les traces d’une nuit trop longue, ou dans l’odeur de plomb et de papier de l’imprimeur, fixant pour l’éternité ce qui n’était qu’une pensée fugace. La mémoire est une matière vivante, une étoffe que la couturière reprise avec une patience infinie, une mécanique que le garagiste écoute battre comme un cœur fatigué. Elle se niche dans les salles de classe où l’enseignant transmet les mots de demain, et dans le si...
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  Corriger, ce n’est pas traquer l’erreur ; c’est donner une seconde chance à la pensée, comme on redonnerait du souffle à un mécanisme engourdi. Sous la lampe qui découpe un cercle d’or sur le bureau, les phrases défilent comme des étoffes que l’on palpe pour en vérifier la trame. Il y a quelque chose de profondément romantique dans cet exercice de patience. C’est un rendez-vous intime avec soi-même, un tête-à-tête où l’on prend le temps de polir les angles, d’ajuster les silences, et de s’assurer que chaque virgule bat au rythme du cœur. On efface une maladresse avec la douceur d'une caresse. On déplace un adjectif pour qu'il s'accorde mieux à la lumière de la scène, comme on ajusterait le col d'un vêtement sur l'être aimé avant qu'il ne s'en aille. C’est un acte de dévotion : on ne répare pas seulement une syntaxe, on prépare un écrin. Dans le silence de la pièce, le papier semble frémir sous la plume. On n’écrit plus dans l’urgence de l’inspiration...
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Le dernier cliquetis s’est éteint sur le clavier. Après des semaines, à guetter le mot juste et à écouter le souffle des pages, le point final a été posé. Le manuscrit est là, brut et encore un peu sauvage sur le coin de mon bureau. Mais comme pour tout objet que l'on veut rendre beau et durable, le montage n'est qu'une étape. J’entre aujourd’hui dans ce temps particulier de la relecture et de la correction. C’est un moment de retrait, loin du bruit, où l'on polit les angles, où l'on ajuste les silences et où l'on s'assure que chaque pièce de l'histoire s'emboîte avec la précision d'un mécanisme d'horlogerie. C’est un travail de patience et de lumière, un temps où le texte repose pour mieux se révéler. L'histoire s'arrête un instant pour mieux reprendre son souffle. À très bientôt pour la suite du voyage.
  On dit souvent que l'histoire change de couleur selon les yeux qui la lisent. Pour ceux qui ont parcouru mes derniers contes, j'ai une petite curiosité : si vous deviez choisir un seul mot ou une seule émotion pour décrire votre lecture, lequel serait-ce ? Vos retours sont mes meilleures boussoles pendant que je prépare mon prochain projet de roman. N'hésitez pas à partager vos impressions, même les plus courtes, ça compte beaucoup pour moi !
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  En 2026, ne vous contentez pas de suivre la route : dessinez la carte. Que chaque escale de cette nouvelle année soit une découverte et chaque kilomètre parcouru une victoire sur l'incertitude. Bon voyage dans ces 12 prochains mois !
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A venir en 2026 : Nos ruelles ne sont pas de simples chemins de traverse, elles sont les veines secrètes de la ville, des passages dérobés où le temps a fini par s'égarer, pour notre plus grand bonheur. Les parcourir, c'est accepter de quitter le monde des horloges pour entrer dans celui des souvenirs. Voyez la lumière qui y tombe : elle ne frappe jamais de face. Elle ricoche sur les façades de briques sombres, s'adoucit contre les murs de chaux et finit par se poser, comme une caresse, sur les pavés bombés que les siècles ont polis. Ici, chaque pierre semble avoir une mémoire, chaque interstice de mousse garde le secret d'un pas qui s'est effacé. Il y a ces passages si étroits que l'on peut, d'un seul geste, toucher les deux rives du temps. Les glycines y dégringolent en cascades mauves, embaumant l'air d'un parfum sucré qui se mêle à l'odeur de la pierre humide après l'orage. En levant les yeux, on aperçoit des balcons de fer forgé, den...