Corriger, ce n’est pas traquer l’erreur ; c’est donner une
seconde chance à la pensée, comme on redonnerait du souffle à un mécanisme
engourdi.
Sous la lampe qui découpe un cercle d’or sur le bureau, les
phrases défilent comme des étoffes que l’on palpe pour en vérifier la trame. Il
y a quelque chose de profondément romantique dans cet exercice de patience.
C’est un rendez-vous intime avec soi-même, un tête-à-tête où l’on prend le
temps de polir les angles, d’ajuster les silences, et de s’assurer que chaque
virgule bat au rythme du cœur.
On efface une maladresse avec la douceur d'une caresse. On
déplace un adjectif pour qu'il s'accorde mieux à la lumière de la scène, comme
on ajusterait le col d'un vêtement sur l'être aimé avant qu'il ne s'en aille.
C’est un acte de dévotion : on ne répare pas seulement une syntaxe, on prépare
un écrin.
Dans le silence de la pièce, le papier semble frémir sous la
plume. On n’écrit plus dans l’urgence de l’inspiration, on soigne dans la
certitude de l’affection. Parce qu’aimer son histoire, c’est vouloir qu’elle
soit parfaite lorsqu’elle rencontrera le regard de l’autre.
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